Aujourd’hui, la plupart des moulins ont disparu ou été transformés, mais plusieurs bâtiments, fondations ou éléments architecturaux subsistent dans les hameaux. Voici les principaux sites que l’on peut encore découvrir.
1. Le moulin de Bredault (dit « Le Moulin de la Vieille Sèvre »)
- Type : Moulin à eau
- Localisation : Hameau du Bredault, au nord du bourg, sur la Vieille Sèvre
- Année de mention la plus ancienne : 1572 (acte notarié, AD Deux-Sèvres)
- État actuel : Bâtiment largement transformé, mais le bief et la chute d’eau sont visibles. Une roue à aubes restaurée a été ajoutée par les propriétaires dans les années 2000, visible depuis la route.
Ce moulin fut jadis l’un des plus actifs, desservant les habitants de Bredault et des fermes voisines. Selon une déclaration de 1830, il pouvait fournir jusqu’à 40 quintaux de farine par semaine (Archives municipales).
- Anecdote : On raconte qu’en 1910, lors d’une forte crue, le moulin échappa de peu à l’effondrement. Les habitants se relayèrent toute une nuit pour sécuriser le barrage… et la fête qui suivit dans la salle de meunerie fut restée célèbre dans le hameau.
2. Le moulin de Salbart
- Type : Moulin à vent (tour de pierre)
- Localisation : À la sortie du hameau de Salbart, direction Sud
- Année de construction : 1798 (inscription sur un linteau encore visible sur place)
- État actuel : La tour seule subsiste, sans ailes ni toiture, mais le tambour massif donne une idée de la solidité de l’ouvrage.
Ce moulin à vent appartenait à la famille Lainé, meuniers sur trois générations. Les enfants du hameau venaient y observer le meunier graisser l’axe et regarnir les meules.
- Conseil de visite : en prenant le chemin communal, on aperçoit la tour, envahie par le lierre. Attention, propriété privée : se replier sur le sentier voisin pour une belle vue dégagée.
Au recensement de 1846, on note que ce moulin moula 370 quintaux de blé cette année-là (Source : Monographie communale, 1889).
3. Le moulin de la Garenne
- Type : Moulin à vent (vestiges)
- Localisation : Au bois de la Garenne, entre Frontenay-Rohan-Rohan et la route de Coulon
- Particularité : Restes d’un socle circulaire en pierres sèches et parties du mécanisme en fonte retrouvées dans les années 1960 (exposées à la mairie, entrée du secrétariat).
Ce moulin fut désaffecté dans les années 1880. Il est cité comme ayant servi, ponctuellement, à la fabrication de poudre à canon pour la garde nationale en 1870 (Source : L’Écho des Marais, 1972).
- Idée parcourue : un itinéraire de randonnée proposé par l’Office de Tourisme passe par ses vestiges, à travers bois et prairies humides.
4. Le moulin du Petit Marais
- Type : Moulin à eau
- Localisation : Sur un bras mort de la Sèvre Niortaise, à proximité du hameau de l’Épine
- État : Bâtiment en ruine mais fronton et ancien canal toujours visibles, entourés de roseaux
Il s’agissait d’un petit moulin de quartier servant à moudre le grain pour quelques exploitations et produire du fourrage moulu (« brande »). Les plans cadastraux de 1834 l’indiquent encore en activité. Fermé après la Seconde Guerre mondiale.
- Curiosité : la voûte du canal abrite aujourd’hui une colonie de chauves-souris recensées par la LPO Deux-Sèvres (2016).
5. Les autres moulins : traces, légendes et disparitions
Si le moulin de la Butte (près du hameau du même nom) ne laisse plus guère que des pierres éparses, d’autres traces témoignent cependant de l’ancien réseau meunier :
- Des toponymes comme « Chemin du Moulin Nepveu », « Pré du Moulin Barré » perpétuent la mémoire des sites disparus.
- Certains linteaux de fermes portent encore l’inscription d’anciens meuniers (ex : « F. Roy Meunier 1837 » – visible sur une vieille grange face au marais).
- Il n’est pas rare que les fouilles de jardin remontent des meules brisées ou des fragments de ferraillage — la mémoire du sol, en somme.