La préhistoire : forêts, eau vive et premières installations humaines
Le secteur de Frontenay-Rohan-Rohan a livré des traces très anciennes d’occupation humaine. Nombre de haches polies et vestiges néolithiques trouvés dans le marais, sur les crêtes ou dans des parcelles agricoles témoignent d’installations remontant à plus de 5000 ans (source : DRAC Nouvelle-Aquitaine, recensement archéologique du Marais poitevin).
- Les rebords de plaine (actuels villages de Bessines, Granzay-Gript, Prin-Deyrançon) constituaient déjà des lieux de vie, grâce à la présence de sources, de terres légères et facilement cultivables.
- Les “mottes” naturelles, comme celles de Mursay, offraient des points hauts à l’abri des crues, idéaux pour l’implantation durable.
- La zone de “Le Mazeau” à une dizaine de kilomètres, conserve des vestiges de tumulus associés à des concentrations préhistoriques, révélant que la région était déjà structurée autour de petits hauts-reliefs.
Les premiers axes de peuplement ne sont donc pas faits de routes, mais de lignes invisibles reliant points d’eau, terres fertiles et passages secs à travers le marais. Ce tissu invisible continue de guider, des millénaires plus tard, la répartition des hameaux et fermes.
L’âge du Bronze et du Fer : circulation, échange et formation de villages
Dès l’âge du Bronze (vers 1800-800 av. J.-C.), des objets métalliques et des sépultures témoignent de la croissance des échanges. Plusieurs découvertes dans la vallée de la Sèvre Niortaise (ex : haches à ailerons - Musée d’Agesci de Niort) montrent que la région servait de couloir de circulation entre les côtes atlantiques, la Charente et l’intérieur du Poitou.
- Des sources anciennes (Archéologie en Poitou-Charentes, 2015) indiquent l’existence probable de voies protohistoriques sur les rebords du marais, utilisant les terrains les plus praticables pour relier sites du sud-niortais à ceux de la Charente.
- La “levée médiévale” qui longe encore aujourd’hui certains canaux reprendrait, selon plusieurs archéologues, un cheminement gaulois plus ancien, utilisé pour éviter les zones inondables (source : Les chemins des origines, Presses Universitaires de Rennes).
Les hameaux actuels placés en lisière du marais perpétuent l’implantation des tout premiers villages protohistoriques, qui recherchaient équilibre entre accès à l’eau douce et sécurité contre les inondations.