Difficile de surestimer l’impact du XIXe siècle sur Frontenay-Rohan-Rohan : c’est le temps des grands chantiers, synonymes d’ouverture et de modernité.
Ouverture du Canal et nouvel urbanisme
Le percement du Canal du Marais poitevin, entre 1808 et 1873, va transformer la commune. Les berges, nouvellement aménagées, dessinent un axe de circulation d’une rare efficacité pour l’époque. Cela influe nettement sur le tissu urbain :
- Le développement de quais commerciaux, avec de nouveaux entrepôts et des maisons de mariniers construites en ligne sur le port (aujourd’hui Quai du Port).
- La création d’accès directs vers le centre, favorisant des lotissements en « éventail » autour du canal.
- L’église Saint-Pierre, très endommagée à la Révolution, est en partie restaurée puis agrandie.
La période voit aussi la construction de l’actuelle mairie (1883), qui remplace un modeste bâtiment ancien. La nouvelle mairie cadre avec l’ambition du moment : doter le bourg d’un centre administratif digne de ce nom.
Extension rurale et « faubourgs »
Le phénomène du XIXe siècle, ce sont aussi les faubourgs — comprenez les extensions villageoises à la sortie des anciennes portes du bourg. On voit naître des « rangs » de maisons paysannes, alignées le long des nouvelles routes départementales, héritage du développement du réseau routier : la fameuse D611 irriguant le territoire, puis la route de Magné et celle de Niort.
Anecdote intéressante : le recensement de 1861 (source : INSEE et Archives départementales) signale que le bourg a dépassé pour la première fois le seuil de 2000 habitants, preuve de l’attrait lié aux nouvelles activités portuaires.