Entre adhésion et réserve
Du côté des habitants, les réactions sont mitigées. Certains embrassent les idées de 1789, espérant une justice fiscale et sociale, d’autres s’effraient des violences et des mesures anticléricales. On note que des notables locaux s’impliquent dans les nouvelles instances, tandis que d’autres, issus de l’ancienne élite, se montrent réticents, voire hostiles. Les “émigrés” existent aussi à Frontenay, cherchant refuge dans les campagnes plus reculées ou tentant leur chance ailleurs.
Les cahiers de doléances conservés aux Archives nationales évoquent la pauvreté, le poids des impôts royaux et seigneuriaux, l’angoisse face à la réquisition des cloches pour les fondeurs de canons ou la levée de volontaires pour la guerre (source : Archives départementales des Deux-Sèvres).
La réquisition et la guerre
La décennie révolutionnaire, c’est aussi le temps des guerres de la République. Si Frontenay n’est pas directement le théâtre des guerres de Vendée toutes proches, il subit de plein fouet la conscription, instaurée en 1793. Cela suscite une certaine angoisse chez les familles, qui voient partir leurs fils sans certitude de retour. La levée en masse fait l’objet de discussions âpres lors des réunions révolutionnaires, dont le procès-verbal parfois conservé aux Archives municipales nous donne encore la trace.