Un paysage ordonné par l’eau
En parcourant les bords du Chemin du Petit Buisson ou en longeant la Sèvre Niortaise à l’est de Frontenay, on observe ce découpage caractéristique : chaque prairie est bordée de ses propres conches. C’est un véritable quadrillage hydraulique qui marque et module le relief (bien visible sur le Géoportail IGN).
Cette structuration n’est pas simplement esthétique : elle conditionne l’usage du sol et les pratiques agricoles. Les conches :
- Empêchent l’eau de stagner en surface, limitant ainsi la prolifération de moustiques et favorisant la productivité herbagère.
- Délimitent les pâtures, encore utilisées de nos jours pour l’élevage bovin et équin, souvent selon des droits d’usage anciens.
- Offrent des accès directs à l’eau pour l’abreuvement des animaux et l’irrigation ponctuelle.
L’emplacement des conches influe donc sur la taille, la forme, et même la destination de chaque parcelle. C’est ce qui explique le foisonnement de petits prés irréguliers autour du bourg ou sur la route de La Garette.
Une gestion collective et traditionnelle de l’eau
La multiplication des conches n’est pas anodine non plus : chaque branchement, chaque embranchement fait l’objet de régulations collectives très anciennes. Les droits de passage, l’entretien des fossés, l’ouverture et la fermeture des systèmes de vannes (“martelières”) sont encore parfois débattus entre riverains, rappel d’un vivre-ensemble hérité du Moyen Âge.
Une anecdote révélatrice : il n’est pas rare, même aujourd’hui, que l’on signale au maire ou à la communauté de communes l’obstruction d’une conche par des branchages ou qu’une “martelière” défectueuse occasionne la montée rapide des eaux après un épisode pluvieux. La vie collective s’organise donc tout autour de ce constat : l’eau, ici, doit être domestiquée en permanence.