Si le lavoir était le lieu de conversation, le four à pain fut avant tout celui du partage. On estime qu’il y avait, vers 1850, presque deux cents fours à pain sur l’ensemble de Frontenay-Rohan-Rohan et ses hameaux (registre des biens communaux, 1859). Plusieurs sont aujourd’hui visibles et, parfois, remis en activité pour des fêtes villageoises.
Les fours à pain encore visibles
- Four du Champ-Marchand : Restauré par une association de quartier en 2018, il sert chaque année lors de la fête du pain organisée en juin. Sa voûte en pierres calcaires, caractéristique du Marais, retient la chaleur de façon optimale.
- Four communal place de l’Église : Longtemps laissé à l’abandon, sa façade a été consolidée en 2015. Aujourd’hui, le fours sert pour des ateliers “pain et traditions” lors des Journées du Patrimoine.
- Four de la Borderie (hameau au sud du bourg) : Il se distingue par la présence d’un petit abri attenant, qui servait autrefois de pièce de repos lors des longues fournées nocturnes.
Rôle social et anecdotes
Autrefois, la cuisson du pain était soumise à l’“alleu” seigneurial, c’est-à-dire à un impôt sur l’usage du four. Après la Révolution, chaque famille ou groupe de voisins gérait son four sur une base de “tournées” : on chauffe fort, puis chacun cuit son pain à la file, occasionnant souvent de véritables veillées paysannes. La tradition voulait que l’on fasse cuire en même temps, dans la chaleur résiduelle : pommes de terre, pâtés, galettes ou gâteaux battus.
Encore aujourd’hui, des bénévoles perpétuent ce savoir-faire lors de fêtes annuelles ou de journées portes ouvertes. Certains fours sont même allumés pour des événements caritatifs, témoignant du lien fort entre patrimoine et vie associative.