Août 1914. Comme une immense partie de la France, la commune de Frontenay-Rohan-Rohan voit sa jeunesse basculer dans la mobilisation générale. Ici, en quelques jours, ce sont près de 200 hommes, issus de familles connues et anonymes du bourg et de ses hameaux, qui quittent les marais pour rejoindre le front, laissant derrière eux des proches, et une économie locale profondément déstabilisée.
Le monument aux morts, inauguré en 1920 sur la place de l’église, porte les 70 noms des enfants du pays “morts pour la France”(1). Un chiffre qui donne la mesure de l’impact humain pour un village d’à peine 2 200 habitants à l’époque : une génération entière a été fauchée, soit une famille sur trois directement endeuillée. Chaque foyer conserve au grenier ou dans une malle familiale une photo sépia d’un poilu, un courrier du front, une médaille… Ces traces, précieuses et poignantes, témoignent d’une douleur familiale et collective.