À seulement quelques centaines de mètres du cœur de Frontenay, le marais mouillé s’étale au nord et à l’ouest, dessinant une mosaïque de canaux (conches), de prairies inondables et de haies vives. C’est le visage le plus poétique du marais poitevin, souvent surnommé la « Venise Verte ». Ces terres, drainées patiemment par l’homme depuis le Moyen Âge, doivent leur physionomie à un réseau complexe de fossés et de rigoles où l’eau façonne saison après saison.
- Les conches : ce sont des petits canaux bordés d’aulnes et de saules, où naviguent encore aujourd’hui d’élégantes plates (barques). Nombre d’anciennes conches restent accessibles depuis le port de Frontenay, offrant des points de départ privilégiés pour une exploration au fil de l’eau.
- Les frênes têtards : arbres emblématiques, issus d'une taille séculaire appelée « étêtage » pour fournir bois de chauffe et piquets. Ils ponctuent les prairies, servant aussi de repère aux pêcheurs et promeneurs.
- Le chemin de halage : parfait pour la marche à pied ou le vélo, jalonné d’anciennes passerelles en pierre ou en bois, dites passerons — ouvrages souvent centenaires, vestiges de la vie agricole et pastorale du marais.
Les paysages changent avec les saisons : explosion de verts tendres et d’eau vive au printemps, basses brumes automnales qui nappent les fossés, glissades de grenouilles et envol d’aigrettes en été. Observer un héron cendré décoller à l’aube est un plaisir simple qui, ici, ne coûte qu’un réveil matinal.