Le marais poitevin, souvent surnommé « la Venise verte », est le deuxième plus grand marais de France après la Camargue, s’étendant sur 100 000 hectares entre les départements des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Maritime (Source : Parc naturel régional du Marais poitevin). Autour de Frontenay-Rohan-Rohan, nous nous situons à l’une des portes d’entrée du marais mouillé, là où l’eau façonne autant le quotidien que la mémoire du lieu.
Une mosaïque de paysages
- Marais mouillé : la partie la plus emblématique, traversée de conches et de rigoles, où l’eau s’étend, reflète les saules pleureurs, et sert de refuge aux poissons, grenouilles et oiseaux migrateurs.
- Marais desséché : plus au sud, ces terres conquises sur l’eau par d’anciennes techniques de poldérisation sont idéales pour l’élevage et la culture.
- Bocage et prairies humides : ceinturent le marais et offrent un dégradé de verdure jusqu’aux portes de Frontenay-Rohan-Rohan.
Savez-vous que le marais poitevin doit son existence autant à la nature qu’aux moines, ingénieurs et maraîchins qui ont creusé, canalisé et défendu ce territoire depuis près de mille ans ? Dès le Moyen-Âge, des abbayes comme celle de Maillezais (non loin de Frontenay) ont mené les premiers grands travaux de drainage. Aujourd’hui, cette lutte constante entre la terre et l’eau fait des villages du bord de marais des lieux de patrimoine vivant.
Un patrimoine unique : conches, maisons et ports maraîchins
Promenez-vous dans les faubourgs de Frontenay, traversez le Pont de l’Égault ou suivez les chemins vers Coulon et Magné : partout, des vestiges rappellent comment le marais a façonné l’architecture locale. On reconnaît ici les maisons blanches à volets verts, souvent installées sur le terrain le plus élevé possible, appelées « maisons gabareuses », car autrefois habitées par les transporteurs de marchandises sur la Sèvre niortaise.
Les ports maraîchins, comme à La Garette ou Arçais, étaient de véritables points de jonction commerciale. Le va-et-vient des barques transportait aussi bien le poisson, les légumes, que le roseau… et parfois, des contrebandiers, comme le raconte la tradition orale.