L’eau façonne la vie quotidienne à Frontenay-Rohan-Rohan depuis des siècles. Au Moyen-Âge, la sortie du bourg vers le sud menait direct aux domaines du prieuré Saint-Martin, où s’étendaient à perte de vue pâtures humides et canaux. À chaque génération, les habitants ont adapté leur mode de vie aux caprices de la Sèvre : digues construites collectivement, fauche partagée, pêches saisonnières, rituels de la crue (la levée).
Les cartes anciennes (notamment le cadastre napoléonien, consultable aux archives municipales) révèlent ce maillage complexe de parcelles, dont la toponymie témoigne toujours : "La Garance", "La Prairie Maudite", "La Petite Île". Ces noms sont la mémoire vive du paysage, porteurs d’histoires locales et parfois de croyances protectrices.
Aujourd’hui, l’enjeu est de concilier cet héritage avec la nécessité de préserver la ressource en eau et la biodiversité : l’intercommunalité soutient des programmes d’entretien raisonné (fauche tardive, non-labour) et de renaturation, afin d’assurer la survie de ce patrimoine naturel.