La chapelle Notre-Dame-de-Pitié : entre pèlerinage et légendes
La chapelle Notre-Dame-de-Pitié est certainement l’une des plus notables du secteur. Édifiée probablement à la fin du XVe siècle (source : Base Mérimée), elle doit son existence à une légende locale : un berger de la commune aurait retrouvé, sur la rive de la Sèvre Niortaise, une statuette mariale abandonnée. Le miracle attribué à cette découverte a aussitôt popularisé le lieu comme relais de pèlerinage, surtout lors des processions mariales de mai. Certains habitants évoquent, dans la tradition orale, la guérison de maux ou de fièvres après des prières adressées à la Vierge.
- Architecture gothique tardif, voûte en croisée d’ogives effondrée lors de la Révolution puis restaurée au XIXe siècle
- Autel orné d’un retable en bois polychrome du XVIIIe siècle
- Chaque 8 septembre, fête patronale réunissant une foule importante jusqu’au début du XXe siècle
Elle témoigne d’une foi populaire, parfois mêlée de superstitions rurales : clous accrochés pour protéger le bétail ou bandelettes déposées pour demander une guérison.
La chapelle du château de Frontenay : la foi des seigneurs
Sur l’ancien domaine des Rohan, aujourd’hui partiellement remanié, la chapelle castrale fut le cœur de la vie spirituelle de la noblesse locale durant toute l’époque moderne. Construite entre 1620 et 1630 sur les vestiges plus anciens du premier château (source : Archives Départementales des Deux-Sèvres), elle abritait les services religieux privés de la famille, notamment lors des mariages.
- Plan en croix latine, travée unique, petites baies en plein cintre
- Décor originel composé de blasons armoriés (aujourd’hui partiellement effacés)
- Crypte funéraire abritant les restes de plusieurs membres de la famille Rohan
Avec la Révolution, la chapelle subit les outrages des saisies et fut transformée un temps en réserve de grains. Pourtant, sa structure subsista. Aujourd’hui, elle n’est visible qu’aux Journées du Patrimoine et certains guides locaux peuvent en conter l’histoire.
Les chapelles rurales disparues : vestiges oubliés et usage transformé
Beaucoup de chapelles rurales ne sont plus identifiables aujourd’hui que par de rares pierres, des noms de lieux-dits ou des croix isolées dans la campagne. Leur destin fut souvent scellé lors de la tourmente révolutionnaire :
- Chapelle Saint-Roch, mentionnée dès 1524 dans les comptes du prieuré ; détruite en 1794, probablement à la suite de l’anticléricalisme de la période
- La “chapelle des champs”, servant autrefois d’ermitage, dont il ne subsiste qu’un puits réputé miraculeux selon certains récits du début du XXe siècle
La mémoire collective conserve parfois le souvenir d’une croix de mission, instaurant chaque printemps des processions pour protéger les moissons.