La disparition des chapelles en dit long sur l’évolution de la société frontenaysienne. Elles étaient des repères dans la géographie du quotidien : lieux de procession, étapes des rogations, refuges lors des épidémies (la chapelle Saint-Médard était invoquée contre la fièvre des marais au XVIIe siècle — source : archives paroissiales). Leur évanouissement progressif est lié à la Révolution, bien sûr, mais aussi à l’évolution des mentalités, à la raréfaction des ressources communales, au passage des hameaux vers le bourg central.
Dans une région où chaque pierre est une page de l’histoire, une balade attentive permet de déceler, çà et là, une portion de mur ou une pierre gravée qui garde le secret des chapelles disparues. On découvre ainsi que la disparition du bâti ne signifie jamais l’effacement total : mémoire orale, objets, pierres réemployées ou fragments archéologiques réinstallent ces lieux dans la durée, à travers le regard de celles et ceux qui les cherchent.
Prochainement, la commune prévoit d’inscrire un parcours « Sur les traces des chapelles oubliées », associant QR codes et témoignages d’anciens, pour que ce patrimoine discret retrouve le devant de la scène et nourrisse la curiosité de tous, jeunes et moins jeunes.
Pour continuer à explorer cette facette méconnue de Frontenay-Rohan-Rohan, rien ne vaut la promenade et le dialogue avec ceux qui font vivre le souvenir de ces modestes sanctuaires, témoins d’une histoire locale à la fois effacée et présente.